Le poids des mots (2)

Définitions dans l’Encyclopédie Universalis.

 

Arithmosophie : en grec « la Sagesse des Nombres ».

 

Moyen de connaissance ésotérique ou supra rationnelle, l'arithmosophie, ou science symbolique des nombres, considère non les nombres arithmétiques mais les nombres symboles, jugeant que les premiers ne possèdent pas de lien intérieur avec l'essence des objets auxquels ils se rapportent, tandis que les seconds, doués de signification ou de force symbolique, expriment une union essentielle qu'ils ont avec leurs objets. Par exemple, l'ensemble des neuf Muses n'aurait plus la même vertu synthétique si elles étaient huit ou dix, alors même que chacune garderait des caractéristiques semblables. Ce qui fonde l'arithmosophie, c'est la croyance en une nature vivante, l'idée selon laquelle il n'y a pas de coupure entre le monde matériel et le monde spirituel. Aussi considère-t-elle les nombres comme des étapes dans la progression vers l'Unité, alors que l'arithmétique les définit comme un ensemble d'unités. En fait, l'arithmétique s'occupe plus des chiffres que des nombres, lesquels sont comme des instruments parfaits de connaissance, des intermédiaires entre le sensible et le suprasensible, des enveloppes invisibles ou encore des supports de médiations permettant de saisir la relation des choses au Tout.

 

Numérologie

De nombreuses études d'ethnologie comme de philosophie comparée, d'histoire des religions comme de psychologie des profondeurs ont montré que la pensée dite « sauvage » (Claude Levi Strauss) comme la connaissance symbolique présentent une compréhension qualitative du nombre. Cette compréhension expliquerait, semble-t-il, la préséance des nombres dits « naturels » sur toute autre structure arithmétique. Dans de telles modalités de pensée, l'aspect quantitatif n'est pas négligé, mais il a d'emblée une vocation au concret (par exemple, savoir dénombrer globalement une classe d'objets, telles les têtes de bétail composant un troupeau). Au contraire, c'est l'aspect qualitatif de la numération qui semble y jouer le rôle de vecteur d'une méditation abstraite. C'est probablement en ce sens qu'il faut comprendre les ensembles plus ou moins complexes de points ou de croix, de flèches, de chevrons, de quadrillages, etc., que présentent de nombreux tracés, entailles ou reliefs pariétaux. André Leroi-Gourhan a montré ainsi comment de telles figures s'inscrivaient dans une logique symbolique, articulée à partir de l'opposition masculin-féminin. Grande peut être la tentation de réduire l'attitude mentale correspondant à une telle compréhension symbolique du nombre, à un simple « primitivisme » de la pensée abstraite.(...)

 

Archétype

On appelle archétype un modèle idéal, un type suprême ou un prototype : dans ce sens, les Idées chez Platon sont le modèle en même temps que le fondement des choses. Bien d'autres philosophes (Malebranche, Berkeley, mais aussi Locke et Condillac) ont parlé d'archétypes.

Cependant, c'est un psychanalyste, Jung, disciple dissident de Freud, qui a répandu l'usage de ce terme à partir de 1912 et qui lui a conféré valeur technique dans sa psychologie de l'inconscient.

Pour Jung, tous les inconscients individuels s'enracinent dans un inconscient collectif qui leur est commun ; cet inconscient enferme des types originels de représentations symboliques, qui sont des modèles de comportement. Ce sont ces types, inhérents à la nature humaine, corollaires psychiques des instincts biologiques, que Jung dénomme archétypes.

Parce qu'ils sont, dans l'homme, une sorte d'a priori de l'espèce sur le plan mental (comme le sont les instincts sur le plan vital), il n'est pas étonnant qu'on les retrouve chez les individus les plus différents, chez les peuples les plus éloignés, sans influence mutuelle. De leur côté, les morphologues des religions (Van der Leeuw, Eliade) adoptent la notion d'archétype pour désigner les symboles fondamentaux qui servent de matrice à des séries de représentations. (...)

 

 

 

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